La société civile au cameroun

SOMMAIRE
Liste des acronymes
Résumé exécutif
Introduction
- Perception de la société civile
- Particularités de la société civile au Cameroun
- L’environnement juridique des organisations de la société civile au Cameroun
- Rôle de la société civile camerounaise
- Perception de la société civile par l’Etat et les partenaires techniques et financiers
Relations OSC – Etat
Collaboration entre OSC et Partenaires techniques et financiers
Collaboration entre OSC et populations à la base
- Forces et faiblesses des organisations sociales
- Enjeux et défis de la société civile de la société civile camerounaise
Enjeux
Défis
Conclusion
Annexes
Références bibliographiques
LISTE DES ACRONYMES
CREDDA : Centre de Recherche pour le Développement Durable
OSC : Organisation de la Société Civile
SC : Société Civile
ONG : Organisation Non Gouvernementale
GIC : Groupements d’Initiatives Communes
GIE : Groupement d’Intérêt Economique
Coop-Gic : Sociétés Coopératives et Groupements d’Initiatives Communes
COOPEC : Coopératives d’Epargne et de Crédit
BEAC : Banque des Etats de l’Afrique Centrale
OHADA : Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires
PNG : Programme National de Gouvernance
DSRP: Document Stratégique de Réduction de la Pauvreté
IPPTE: Initiatives Pays Pauvres Très Endettés
CCS : Comité consultative de suivi
CTSE : Comité Technique de Suivi Economique
COS : Comité d’Orientation stratégique
C2D : Contrat Dette et Développement
PTF : Partenaires Techniques et Financiers
PNUD: Programme des Nations Unies pour le Développement
FONGEC: Fédération des ONG Environnementales du Cameroun
CONGAC : Confédération des ONG d’Afrique Centrale
COPAD : Collectif des Organisation de participation au Développement
CA : Conseil d’Administration
FONGDEC : Fédération des ONG de Développement du Cameroun
NEPAD : Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique
PND : Plan National de Développement
RESUME EXECUTIF
Le retrait de la puissance publique dans l’exercice de certaines de ses tâches régaliennes a poussé les populations à s’organiser pour apporter des réponses aux crises multiformes (économiques, sociaux et politiques) auxquels, elles sont confrontées. L’identification des solutions à apporter ici s’inscrit à la fois dans le champ de la globalité, de la spécialité et de la répartition. En effet le développement participatif dans un environnement démocratique et le désengagement progressif de l’Etat constituent un facteur important de la responsabilité des OSC dans l’enjeu du développement.
Empruntée du latin « societas civilis » l’expression société civile a toujours revêtu une connotation propre à son contexte temporel et géographique. Après une évolution remarquable, la société civile est ainsi passée d’une société organisée politiquement par opposition à l’Etat au 17ème siècle, pour se référer essentiellement à l’ensemble des organisations actives dans la sphère de l’économie sociale aujourd’hui. Elle est donc une série de corps intermédiaires, régulateurs des rapports entre individu et les autres acteurs de développement (Etat, et bailleurs de, fonds).
L’essor extraordinaire de ce concept en Afrique tient en particulier à l’instauration du pluralisme politique au début de la décennie 1990 d’une part, et le retrait graduel des fonctions redistributives, institutionnelles et protectrices de l’Etat d’autres part. Par ailleurs la détermination des valeurs de la société et les pratiques traditionnelles, l’environnement juridique de la société civile enrichie de nombre de textes sont autant des particularités de la société civile en Afrique en général et au Cameroun en particulier.
De manière générale, la société civile s’est donnée un rôle de suppléance à l’Etat. En tout état de cause, la création des OSC répond pour l’essentiel à une contrainte socio-économique d’où le foisonnement des organisations sociales après le déclenchement de la crise économique au Cameroun et le recul de l’Etat dans l’exercice de ses responsabilités. Toutefois, il est intéressant de noter que le rôle de la société civile est perçu différemment en fonction des relations entretenues avec les acteurs de développement considérés (Etat, PTF et populations à la base).
Ainsi si la collaboration OSC/Etat est marquée par la cristallisation des intérêts autour des groupes de pression et de lobbies dans le cadre de la promotion du développement socio-économique et politique, les relations qu’elles entretiennent avec les donateurs sont loin de l’égalité que semble suggérer le terme partenariat. Quand à la collaboration entre OSC et populations à la base, elle est soit un groupement de personnes désireuses de contribuer à la résolution des problèmes communs au groupe concerné, soit une organisation intermédiaire qui poursuit des fins différentes des attentes des membres du groupe indiqué. Cette dernière forme de collaboration OSC/populations est une illustration de l’ambiguïté du rôle des organisations sociales camerounaises. Au rang des limites de ces organisations, on peut citer la faiblesse de leurs organes de gouvernance, les questions de structuration des méthodes d’action, d’insuffisance des ressources financières et techniques, etc. De tout ce qui précède, il est davantage intéressant de signaler que la société civile camerounaise ne contient pas seulement de l’ivraie, mais également des bons grains dont l’efficacité dans les interventions, la systématisation de la participation, la forte présence dans les milieux défavorisés, la contribution à l’amélioration des conditions de vie des populations à la base, etc.
En outre, partant de la définition de Michael Edwards « qui perçoit la société civile comme des rassemblements des citoyens qui défendent des intérêts communs », et compte tenu des organisations de niveau méso, il importe aujourd’hui que ces organisation se rapprochent plus des groupes qu’elles sont supposées représenter, qu’elles soit apte et ait des capacités pour contribuer réellement à la définition des axes et domaines prioritaires pour le Cameroun, qu’elle soit des entreprises sociales modernes dotées de nouvelles structures de gestion crédibles. Il s’agit là des enjeux qui détermineront l’avenir de la société civil non seulement dans son ambition d’accompagner les populations à la base, mais également dans la volonté de devenir un partenaire crédible aux côtés de l’Etat et des bailleurs de fonds internationaux en vue de relever multiples défis au cours des prochaines années.
