Impacts du programme greenfield

Projet Rio Tinto Alcan d’aluminerie de Kribi
Étude d’impact socio-économique

Sommaire
Le nouveau programme d’investissement Global de Rio Tinto Alcan (RTA) au Cameroun s’élève à 4 400 milliards de F CFA (8,8 milliards $US). Il s’agit d’un projet intégré selon lequel RTA prévoit assumer la construction, le financement et l’exploitation d’une aluminerie ainsi que les infrastructures connexes de transport et d’énergie. Les grandes lignes de ce projet ont été convenues dans l’amendement du 30 novembre 2007 à la Lettre d’Intention du 26 octobre 2005 intervenue entre RTA et le Gouvernement du Cameroun). Bien que cette entente couvre également le potentiel d’exploitation de la bauxite/alumine, ce volet de l’entente n’est pas couvert dans le présent projet.
L’aluminerie située à Kribi aura une capacité de 800 000 tonnes – la plus grande en Afrique sub-saharienne. Les deux centrales hydro-électriques, situées à Song Mbengé et Grand Ngodi, auront une capacité de l’ordre de 900 à 1 000 MW chacune. Enfin, un terminal aluminium à Kribi complètera ce qui sera le plus grand programme d’investissement industriel réalisé au Cameroun. Le début de la construction est prévu pour 2011 et la mise en route d’une première phase de production en 2017 et de la seconde en 2023. Le projet contribuera à la sortie de crise pour le Cameroun, et lui permettra de profiter de la croissance mondiale de la demande pour l’aluminium primaire de 3,8 % en moyenne par an de 2010 à 2030.
Sur la base des données préliminaires fournies par RTA et à partir d’une modélisation interindustrielle, E&B DATA estime que le projet apportera chaque année – une fois complété – une contribution de 7,5% au PIB du Cameroun. Il créera de l’ordre de 30 000 emplois pendant la période de construction et créera 11 500 emplois permanents par la suite et ce, pendant au moins 50 ans. L’expérience de RTA au Cameroun indique que sa main d’œuvre est camerounaise à plus de 95% et qu’elle bénéficie de conditions de travail et de rémunération nettement supérieures à la moyenne camerounaise.
Ce projet s’inscrit directement dans la Vision de développement du Cameroun énoncée par le Gouvernement du Cameroun en 2009 tant sur le plan de la mise en valeur des ressources naturelles que sur le plan de la valorisation du potentiel hydro-électrique du pays. Sur ce dernier point, l’apport du projet RTA est critique. En effet, les redevances reliées à la régularisation de la Sanaga que verseront RTA pour son projet global (Phase I) et Alucam pour son projet d’extension compteront pour plus de 60% des coûts de financement et d’exploitation du projet Lom Pangar alors que le Projet Global n’utilisera que 20% à 25% des capacités de production hydroélectriques rendues disponibles grâce au projet de Lom Pangar.
De plus, RTA est prêt à mettre à la disposition du réseau électrique camerounais une quantité d’électricité pouvant aller jusqu’à 872 GWh par an en saison sèche avec possibilité de concentrer les livraisons en période de pointe. Le seul parachèvement de Lom Pangar contribuera augmentera directement les revenus de 33 millions $US par an pour le concessionnaire et lui évitera de construire une centrale thermique d’appoint de l’ordre de 180 millions $US. RTA envisage également de participer au financement de projets de micro-centrales facilitant l’électrification rurale.
Le projet contribuera à la mise à niveau et au rayonnement de l’industrie de la sous-traitance camerounaise (incluant la formation des entrepreneurs et de la main d’œuvre) et ce dans quatorze filières industrielles prioritaires allant du génie civil à l’assemblage/montage en passant par le travail métallique.
Selon le CREDDA, son action sociale structurée permettra de contribuer à l’atteinte de plusieurs Objectifs du millénaire pour le développement, notamment la pauvreté, l’éducation ainsi que la lutte contre le VIH/SIDA, et autres maladies infectieuses. L’impulsion donnée à l’économie stimulera également les investissements dans d’autres secteurs d’activité (matériaux, énergie, infrastructures et services publics). Enfin le projet de terminal portuaire mobilise déjà plusieurs autres investisseurs de grande envergure à Kribi. En fait, le projet de RTA accélérera la création d’une nouvelle ville munie d’infrastructures modernes, et d’activités économiques créatrices d’emplois et de richesse. La population de Kribi augmentera fortement dans les prochaines années et sera accompagné d’une augmentation de la production réelle, provoquant ainsi une augmentation du niveau de vie de la région et de l’ensemble du pays. Dans la foulée de son rôle moteur joué depuis 1957 au Cameroun, RTA compte faire de cet investissement structurant et mobilisateur un projet exemplaire en Afrique sub-saharienne.
